17e COP de la CITES : l’opportunité de mettre fin au braconnage des espèces sauvages

Trois rhinocéros meurent chaque jour braconnés pour leurs cornes. Depuis le début de l’année 2016, 700 sont morts rien qu’en Afrique du Sud. C’est justement dans ce pays que se tiendra la 17e Conférence des Parties de la CITES - Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) du 24 septembre au 5 octobre 2016. Cette rencontre doit être l’occasion pour les 181 pays réunis de mettre un coup d’arrêt au braconnage et à la criminalité liée aux espèces sauvages telles que le rhinocéros mais aussi les grands singes, l’éléphant, le tigre, le pangolin, le bois de rose et bien d’autres.

Trois rhinocéros meurent chaque jour braconnés pour leurs cornes. Depuis le début de l’année 2016, 700 sont morts rien qu’en Afrique du Sud. C’est justement dans ce pays que se tiendra la 17e Conférence des Parties de la CITES - Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) du 24 septembre au 5 octobre 2016. Cette rencontre doit être l’occasion pour les 181 pays réunis de mettre un coup d’arrêt au braconnage et à la criminalité liée aux espèces sauvages telles que le rhinocéros mais aussi les grands singes, l’éléphant, le tigre, le pangolin, le bois de rose et bien d’autres.

 

Avec un nombre record de participants et de sujets à l’ordre du jour, cet événement de haut niveau devra permettre d’évaluer les progrès réalisés en matière de conservation des espèces depuis la dernière conférence – la CdP16 organisée à Bangkok en 2013 – et d’examiner 62 propositions d'amendements déposées par les pays.

« Le commerce illégal d’espèces sauvages représente plusieurs milliards de dollars et le 4e plus grand trafic derrière les trafics de drogue, de contrefaçon et d’êtres humains. Face à ce constat et au déclin dramatique de nombreuses espèces, la priorité de la CITES pour cette 17e conférence doit être de veiller à ce que les pays, souvent défaillants, tiennent leurs engagements en matière de lutte contre le braconnage et le commerce illégal. Il en va de la crédibilité de l’ensemble du dispositif.»

Koen Stuyck, porte-parole du WWF-Belgique

Parce qu’il est l’une des espèces emblématiques de l’Afrique du Sud mais aussi et surtout parce qu’il est plus que jamais menacé, le rhinocéros sera au cœur des discussions. Depuis 2007, rien que dans ce pays, 6 000 rhinocéros ont été braconnés, tués pour leurs cornes auxquelles la médecine ancestrale asiatique accorde des vertus aphrodisiaques voire médicales. Le principal facteur expliquant l’essor de ce commerce est l’explosion de la demande au Vietnam où la lutte contre le trafic est bien trop timide. Le WWF appelle le pays à prendre au plus vite les mesures nécessaires et la CITES à veiller à ce que celles-ci soient suivies d’effets sous peine de sanctions.

« Pour le Vietnam, mettre fin au commerce illégal de cornes de rhinocéros et préserver les rhinocéros d’Afrique n’est clairement pas la priorité. Avec près de trois rhinocéros braconnés chaque jour, il n’y a pas de temps à perdre. La CITES doit adopter une ligne de conduite plus dure avec le Vietnam : mettre rapidement en œuvre des mesures fortes permettant de s’attaquer au commerce illégal de cornes de rhinocéros ou se voir infliger des sanctions économiques. »

Ginette Hemley, Cheffe de la délégation du WWF pour la CdP17 de la CITES 

L’éléphant d’Afrique constituera également l’un des sujets majeurs de la conférence. Même si le commerce international de l’ivoire est interdit, environ 30 000 éléphants sont encore tués chaque année sur le continent. Aujourd’hui 415.000 individus restent sur le continent : le résultat après un déclin de 111.000 dans une décennie (depuis 2006).  Si cette interdiction est fondamentale pour l’espèce, sans efforts importants pour empêcher le braconnage et le commerce illégal, elle ne suffit pas. Le WWF s’oppose donc aux demandes formulées par certains pays pour permettre le commerce international d’ivoire et appelle, dans le même temps, la CITES à s’attaquer aux véritables problèmes qui se cachent derrière le commerce illégal d’ivoire : les réseaux criminels organisés, la corruption, l’absence ou la mauvaise application des lois dans les pays sources, consommateurs ou de transit, la forte demande en Asie.

La CITES doit se concentrer sur les mesures nécessaires pour lutter contre le commerce illégal de l’ivoire : réduire la demande, revoir plus régulièrement et de manière plus stricte les lois nationales pour s’assurer qu’elles permettent une application effective de la CITES, lutter contre la corruption et la cybercriminalité. Il est particulièrement essentiel que les 19 pays africains et asiatiques, identifiés comme les plus impliqués dans le commerce illégal de l’ivoire, mettent rigoureusement en œuvre leur Plan national pour l’Ivoire. Ces plans commencent à donner des résultats et doivent maintenant faire l’objet d’examens indépendants qui permettront de sanctionner les pays n’ayant pas fait suffisamment de progrès.

Mais la conférence offrira également aux pays présents la possibilité de réduire les restrictions sur le commerce de certaines espèces, comme le zèbre de montagne du Cap, dont les populations se portent mieux depuis qu’elles ont été inscrites à l’Annexe I de la CITES et donc que leur commerce international à des fins commerciales est totalement interdit.

 

Published with Prezly