8 août : LE JOUR DE DÉPASSEMENT avance inexorablement dans le temps

Lundi 8 août 2016 — Bruxelles – Ce 8 août, nous dépassons les capacités de la Terre pour cette année. Ce qui signifie qu’en un peu plus de sept mois, nous avons consommé tout ce que la Terre peut produire en un an et que nous allons vivre à crédit au cours des mois qui viennent. Soit cinq jours plus tôt que l’année dernière (13 août) et pas moins de 11 jours plus tôt qu’en 2014 (19 août). Le jour de dépassement avance donc chaque année dans le calendrier. En d’autres termes, nous continuons d’épuiser de plus en plus nos ressources naturelles. 

Bruxelles – Ce 8 août, nous dépassons les capacités de la Terre pour cette année. Ce qui signifie qu’en un peu plus de sept mois, nous avons consommé tout ce que la Terre peut produire en un an et que nous allons vivre à crédit au cours des mois qui viennent. Soit cinq jours plus tôt que l’année dernière (13 août) et pas moins de 11 jours plus tôt qu’en 2014 (19 août). Le jour de dépassement avance donc chaque année dans le calendrier. En d’autres termes, nous continuons d’épuiser de plus en plus nos ressources naturelles. 

 

Chaque année, le Global Footprint Network calcule le jour de dépassement : le jour où la consommation humaine des ressources naturelles dépasse la capacité de production annuelle de la Terre. Cette date symbolise donc l’épuisement du ‘budget naturel’ dont nous disposons annuellement : nous émettons plus de dioxyde de carbone que nos forêts et océans peuvent en absorber, nous pêchons plus de poissons qu’il n’en naît et nous abattons davantage d’arbres qu’il peut en pousser chaque année.

Jadis, la nature était toujours en mesure de se renouveler et de compenser la consommation de l’humanité. Un seuil critique a été dépassé au début des années 70 du siècle dernier. Depuis lors, la consommation dépasse la production annuelle de matières premières de la Terre et sa capacité à absorber le CO2 qui est dégagé. L’humanité s’enfonce dans une dette écologique profonde, dont le changement climatique est l’illustration la plus dramatique. En outre, les émissions de gaz à effet de serre représentent actuellement 60 % de l’empreinte écologique.

Koen Stuyck, WWF-Belgique : « Si l’on veut prendre au sérieux les conclusions historiques de la Conférence de Paris sur le climat, nos émissions de CO2 doivent disparaître complètement à l’horizon 2050. Ce qui requiert un nouveau mode de vie sur notre planète. La bonne nouvelle, c’est que c’est possible. À condition que chacun fasse de meilleurs choix pour réduire son impact et reçoive un soutien politique optimal en ce sens. Les technologies actuelles permettent de stimuler de nouveaux secteurs tels que celui des énergies renouvelables, tout en limitant les risques majeurs et les coûts entraînés par le changement climatique. Nous avons donc le choix entre le chaos et la stabilité. »

Heureusement, certains pays donnent le bon exemple. C’est le cas du Costa Rica, qui a réussi à couvrir 97 % de ses besoins énergétiques grâce aux énergies renouvelables au cours du premier trimestre de 2016. Le Portugal et l’Allemagne ont fortement étendu leur capacité énergétique issue de sources renouvelables cette année. En Chine, les autorités ont proposé un plan visant à réduire de moitié la consommation de viande de ses habitants, ce qui devrait diminuer les émissions de CO2 de son industrie de la viande d’un milliard de tonnes à l’horizon 2030.

Les Belges consomment l’équivalent de 6,3 fois leur pays

Nous aurions besoin d’une planète et demie pour couvrir les besoins de la population mondiale, en croissance constante. Et si nous poursuivons dans la même voie, il nous faudrait deux planètes à partir de 2050. Aujourd’hui, plus de 80 % de la population mondiale vit dans des pays qui consomment plus que ce qu’ils peuvent produire eux-mêmes. Surnommés les ‘endettés écologiques’, ces pays consomment surtout les ressources naturelles d’autres pays en plus des leurs. C’est ainsi qu’il faut sept fois la superficie du Japon pour couvrir les besoins des Japonais. Les Italiens consomment l’équivalent de 4,3 fois leur pays et les Égyptiens, 3,9. Les Belges ne font pas figure d’exemple puisque nous consommons pas moins de 6,3 fois la superficie de la Belgique.

Ces chiffres élevés sont la conséquence des fortes émissions de C02, de l’abondance de routes et bâtiments, et de l’empreinte écologique élevée des cultures agricoles (tant les cultures alimentaires que fourragères et textiles). D’autre part, la Belgique ne dispose que d’une faible biocapacité pour produire elle-même toutes ces matières premières ou traiter les déchets et le CO2. C’est ce qu’illustre clairement le graphique ci-dessous.

 

Il est possible de renverser la vapeur

Notre dette écologique ne peut continuer de s’amplifier de la sorte. Aujourd’hui, 60 % de l’empreinte écologique humaine est imputable aux émissions de gaz à effet de serre, qui sont produits par l’homme. Le graphique ci-dessous, issu du dernier Rapport Planète Vivante (2014) du WWF, indique clairement la part majeure qu’occupe le carbone (la partie grisée dans le graphique).

Nous avons de nombreuses solutions à notre disposition : passer massivement aux énergies renouvelables, réduire la consommation, opter pour un régime alimentaire pauvre en viande, transiter vers une économie circulaire basée sur le recyclage et la réutilisation et enfin, réformer la mobilité et la fiscalité.

Notre pays doit en faire beaucoup plus pour réduire ses émissions. Le WWF et les organisations environnementales demandent que les autorités belges bannissent la vente de voitures équipées d’un moteur à combustion au plus tard pour l’année 2030, que les chaudières au mazout soient progressivement supprimées et qu’une stratégie soit lancée pour promouvoir l’alimentation végétarienne. Tout doit également être mis en œuvre pour réaliser une politique énergétique cohérente, qui place notre pays sur la voie d’une société ‘bas carbone’.

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