Afrique du Sud : le nombre de rhinocéros braconnés recule mais reste à un niveau inquiétant

Afrique du Sud : le nombre de rhinocéros braconnés recule mais reste à un niveau inquiétant

Mardi 30 janvier 2018 — Le nombre de rhinocéros braconnés pour leurs cornes en Afrique du Sud a reculé par rapport à l’année précédente, mais il reste à un niveau inquiétant pour une espèce menacée d’extinction. Par ailleurs, le WWF s’inquiète du fait que les tendances actuelles du braconnage des rhinocéros mettent en évidence les menaces croissantes auxquelles font face les autres espèces, mais également les communautés locales qui sont exposées aux groupes criminels.  

Bruxelles, 30 janvier 2018 - Le WWF a fait part de sa préoccupation après la publication des chiffres officiels du braconnage des rhinocéros par les autorités sud-africaines. D’après les statistiques gouvernementales, 1028 rhinocéros ont été tués en 2017 contre 1054 en 2016 et 1175 en 2015, ce qui marque une troisième année consécutive de baisse du braconnage après le record de 1 215 rhinocéros abattus en 2014.

"La nouvelle de la réduction du nombre de rhinocéros tués en Afrique du Sud pour la troisième année consécutive est encourageante. Cependant, les chiffres sont encore beaucoup trop élevés. Nous devons également mettre en lumière les difficultés auxquelles se heurtent les populations dont la sécurité et les moyens de subsistance sont menacés par ce commerce illicite. Pour lutter contre le braconnage et ses effets néfastes sur la vie des communautés rurales et la faune sauvage, nous devons déployer plus d'efforts pour mettre fin à la corruption qui facilite ce commerce. Un changement de comportement des consommateurs, notamment en Asie, s’avère aussi nécessaire pour que cesse la demande des produits illégaux tels que les cornes de rhinocéros » précise Margaret Kinnaird, Experte Faune du WWF-Afrique du Sud.

En effet, les dernières études montrent que les populations rurales qui vivent autour des zones protégées, notamment les parcs, sont aussi affectées par ce trafic illicite. Les braconniers locaux sont en relation avec des réseaux transfrontaliers de trafic d’espèces sauvages et continuent de réorienter leurs efforts vers les territoires situés à l’extérieur des parcs, des endroits où le risque de contrôle est plus faible et les bénéfices plus importants.

 

Nouvelle menace : après les rhinocéros, les éléphants ?

De même, une nouvelle menace plane sur la faune sud-africaine après le braconnage de 67 éléphants en 2017 contre 46 en 2016 dans le Parc national Kruger. Une tendance à surveiller pour prévenir une probable escalade du braconnage des éléphants telle qu’observée précédemment pour les rhinocéros.

 « Le trafic des espèces sauvages reste une menace omniprésente pour les rhinocéros et de plus en plus pour d'autres espèces telles que les éléphants et les lions. Ces crimes affectent également les personnes vivant autour de nos parcs en les exposant à des criminels liés à des groupes de trafiquants internationaux » a déclaré le Dr Jo Shaw, Responsable du Programme Rhinocéros d'Afrique du WWF.

« Il faut une collaboration continue entre les agences gouvernementales aux frontières, le secteur privé et la société civile pour endiguer les dommages causés à la faune et aux personnes. Nous devons également agir pour que les personnes qui vivent autour des zones protégées continuent à bénéficier légalement de la faune et qu’elles s’investissent dans leur survie » a-t-il ajouté.  

L'Afrique du Sud abrite environ 80% de la population mondiale de rhinocéros, victimes du commerce de leurs cornes en Asie.