Climate Change Performance Index : la Belgique recule de 5 places !

Mercredi 16 novembre 2016 — La Belgique occupe désormais la 12e position du classement relatif à l’efficacité de la lutte contre les changements climatiques des pays les plus polluants du monde, classement établi annuellement par Germanwatch et le Climate Action Network (CAN) Europe. Ce recul est notamment dû à la faiblesse actuelle des politiques climatiques belges, fédérale comme régionales.

La Belgique occupe désormais la 12e position du classement relatif à l’efficacité de la lutte contre les changements climatiques des pays les plus polluants du monde, classement établi annuellement par Germanwatch et le Climate Action Network (CAN) Europe. Ce recul est notamment dû à la faiblesse actuelle des politiques climatiques belges, fédérale comme régionales. 


Le « Climate Change Performance Index » (CCPI), publié ce mercredi, est un classement international visant à objectiver la comparaison des efforts climatiques fournis par 58 pays totalisant 90 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Son podium, réservé aux pays qui mettront en œuvre des politiques suffisantes pour respecter les engagements de l’accord de Paris de rester nettement sous les 2°C et de poursuivre les efforts en vue de rester sous les 1,5 °C, reste vide. Viennent ensuite la France, la Suède et le Royaume Uni.


Le net recul de la Belgique – de la 7e à la 12e place donc - s’inscrit dans une tendance lourde propre à l’Europe. « L’Europe a longtemps mené les efforts globaux de protection du climat », précise le rapport . « Cependant, depuis quelques années, elle semble lâcher son leadership et ralentir ses actions ».
Le manque d’ambition des politiques climatiques belges se révèle à travers des objectifs peu volontaristes en faveur des énergies renouvelables, ou qui ont été revus à la baisse dans certaines Régions (Wallonie). Si la production d’énergie renouvelable a connu un certain développement dans notre pays durant la dernière décennie, un ralentissement s’observe désormais, et la part de production renouvelable y reste largement inférieure à la moyenne européenne et même mondiale.


Par ailleurs, la Belgique se positionne dans certains dossiers climatiques de manière franchement négative. Ainsi, sous la pression de l’industrie, les Régions et le fédéral ont proposé à l’Europe un affaiblissement significatif de son marché du carbone. Si la proposition belge était retenue, une plus grande proportion de permis de polluer serait allouée gratuitement aux gros émetteurs. C’est non seulement un cadeau injustifié aux pollueurs, mais cela représente aussi un manque à gagner de près de 500 millions d’euros pour notre pays, dans un contexte budgétaire qui rend difficile un financement adéquat des politiques climatiques. Ceci tranche avec la bonne réputation de la diplomatie climatique belge.


A l’occasion de la COP22, les organisations environnementales (Inter-Environnement Wallonie, Bond Beter Leefmilieu, Greenpeace et WWF) demandent aux ministres qui sont arrivés à Marrakech de passer à la vitesse supérieure pour ratifier et implémenter l’Accord de Paris. Notre pays conserve à ce stade une position honorable dans le classement, mais son recul constitue un avertissement à prendre au sérieux, si l’on ne veut pas être relégué loin derrière les pays les plus ambitieux.

Le rapport « Climate Change Performance Index 2017 » est disponible ici (en anglais) : https://germanwatch.org/en/ccpi
 

Contacts :
•    Thomas Leroy (attaché de presse de Greenpeace) : +32 496 26 31 91
•    Noé Lecocq (Chargé de mission Energie-Climat pour Inter-Environnement Wallonie) : +32 495 67 19 20
•    Julie Vandenberghe (responsable Climat et Energie pour WWF) : +32 475 80 80 06
•    Jonathan Lambregs (Beleidsmedewerker Klimaat & Mobiliteit Bond Beter Leefmilieu) : +32 (0)497 463 488

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