La forêt amazonienne brûle, mais le président brésilien fuit ses responsabilités, déclare le WWF.

La forêt amazonienne brûle, mais le président brésilien fuit ses responsabilités, déclare le WWF.

Dans la forêt amazonienne, le plus grand poumon de la planète, de terribles incendies ont fait ravage pendant trois semaines. Le nombre d'incendies de forêt a augmenté cette année de 70% par rapport à la même période en 2018, un chiffre sans précédent. Le WWF tire la sonnette d'alarme et rejette les intimidations du président Bolsonaro, qui affirme que les incendies auraient été allumés par des ONG. 

De terribles incendies ravagent depuis trois semaines la forêt amazonienne, poumon vert irremplaçable de la planète, causant la destruction de toutes les formes de vie qui y trouvent refuge. Le nombre d'incendies de forêt a augmenté de 70% cette année par rapport à la même période en 2018 : une augmentation exponentielle sans précédent. Le WWF tire la sonnette d'alarme et rejette les intimidations du président brésilien Jair Bolsonaro, qui rejette la responsabilité sur les ONG. 

 

Selon les scientifiques, les incendies de forêt amazonienne se déclenchent presque systématiquement à la suite du défrichage des terres déforestées. Cette destruction par le feu est donc en grande partie liée à la pression de l'agriculture et de l'élevage. Le contexte politique actuel n’est pas étranger à cela, Jair Bolsonaro encourageant les exploitants forestiers et les agriculteurs à déboiser intensivement le pays. 

« L'administration de Bolsonaro démantèle petit à petit tout ce qui a été mis en place pour assurer la protection de l’environnement au Brésil. Parallèlement, il mène également une campagne acharnée pour discréditer les données scientifiquesSeulement quelques mois après son élection, nous pouvons déjà voir le résultat catastrophique de cette politique dans les forêts amazoniennes en feu », regrette Béatrice Wedeux, chargée de la politique forestière au WWF-Belgique. « Depuis l'entrée en fonction de Bolsonarol'Institut de l'Environnement et des Ressources Naturelles Renouvelables (Ibamaa distribué la quantité d'amendes la plus faible depuis 11 ans, malgré un taux de déforestation 278% plus élevé en juillet 2019 par rapport à juillet 2019 », ajoute-t-elle.

 

Retour aux années 1970

 Le gouvernement Bolsonaro et le Congrès sont actuellement en discussion pour rendre les permis environnementaux plus flexibles. Et ce n’est pas tout : ils ont réduit le nombre de membres du Conseil national de l'Environnement (Conama), affaiblissant ainsi la participation de la société civile au Conseil. Enfin, des alliés du président issus du secteur agricole et des forces de l’ordre ont remplacé des fonctionnaires et experts clés dans les administrations environnementales. Entre-temps, le Congrès brésilien propose des modifications à la législation environnementale, ce qui nous ramènera aux années 1970, avant la promulgation de toutes les lois visant à protéger l'environnement. 

Le WWF appelle la communauté internationale à exhorter le gouvernement brésilien à mettre fin à cette tendance extrêmement négative et à reconnaître à nouveau la forêt amazonienne comme ce qu'elle est : le plus grand poumon de notre planète, dont la destruction est désastreuse, non seulement pour le Brésil, mais pour le monde entier. 

 

Dans la déclaration ci-dessous, le WWF-Brésil rejette les récentes déclarations du président, qui rejette la responsabilité des incendies et met en doute les données scientifiques :

DÉCLARATION WWF-BRÉSIL - UNE ONG ACCUSÉE DE METTRE LE FEU À L’AMAZONIE

La priorité des pouvoirs publics est de veiller aux intérêts publics de leur pays et non de créer des divergences stériles sans fondement sur la réalité.

C’est pourquoi le WWF-Brésil déplore la nouvelle tentative du président Jair Bolsonaro de fausser le débat légitime de la société civile sur la nécessité de protéger l'Amazonie et, par conséquent, de lutter contre la déforestation qui cause les incendies disproportionnés, ravageant le pays et qui compromettant la qualité de l’air dans de nombreuses régions.

Sa déclaration selon laquelle les ONG seraient à l'origine des incendies en raison d'une supposée réduction des ressources financières ne se base en aucun cas sur des faits. Une enquête de l'Institut de recherche économique appliquée (Ipea) a analysé le transfert de fonds fédéraux aux organisations de la société civile (OSC) entre 2010 et 2018 et rapporte que seuls 2,7% des organisations de la société civile (OSC) ont reçu des fonds fédéraux. Sur ce total, seuls 5% du montant ont été attribués à la région du nord. L'étude met également en évidence une tendance à la baisse du nombre de transferts fédéraux depuis 2010.

 Les fonds bloqués par le gouvernement correspondent en réalité à des donations internationales pour le « Amazon Fonds », et ces ressources étaient notamment utilisées pour financer… les actions de lutte contre les incendies de forêt ! Par conséquent, les fonds bloqués  réduisent les capacités de l’État à lutter contre la déforestation et les incendies.

Le nombre d'incendies de forêt a augmenté de 70% cette année (jusqu'en août 2019) par rapport à la même période en 2018. Au total, le Brésil a enregistré 66 900 incendies de forêt en moins de huit mois, selon l’Institut national de recherche spatiale (Instituto Nacional) Pesquisas Espaciais - INPE.

Selon l'INPE, la région amazonienne a été la plus durement touchée, avec 51,9% des cas. Historiquement, dans cette région, l'utilisation du feu est directement liée à la déforestation. En effet, mettre le feu à la forêt est l'une des techniques de déforestation. Selon l'Institut de recherche environnementale amazonienne (IPAM), les 10 villes d'Amazonie où les incendies de forêt sont les plus nombreux sont les mêmes que celles liées à la déforestation.

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