Le boom des infrastructures en Asie pourrait anéantir des années d’efforts de conservation du tigre

Bruxelles, le 23 novembre – Après des décennies de déclin, le nombre de tigres sauvages connaît enfin une légère hausse (3 890 contre 3 200 en 2010) et ce, grâce à d’importants efforts de conservation déployés partout en Asie. Mais aujourd’hui, la survie du tigre est menacée par l’essor des infrastructures en Asie. Un nouveau rapport du WWF, publié à mi-parcours du plan mondial destiné à doubler les populations de tigres sauvages, met en lumière la menace sans précédent que représente le vaste réseau d'infrastructures planifiées à travers le continent. 

Bruxelles, le 23 novembre – Après des décennies de déclin, le nombre de tigres sauvages connaît enfin une légère hausse (3 890 contre 3 200 en 2010) et ce, grâce à d’importants efforts de conservation déployés partout en Asie. Mais aujourd’hui, la survie du tigre est menacée par l’essor des infrastructures en Asie. Un nouveau rapport du WWF, publié à mi-parcours du plan mondial destiné à doubler les populations de tigres sauvages, met en lumière la menace sans précédent que représente le vaste réseau d'infrastructures planifiées à travers le continent.

Le nouveau rapport du WWF, intitulé The Road Ahead: Protecting Tigers from Asia’s Infrastructure Development Boom, montre que près de 11 000 km de routes et de lignes ferroviaires sont au programme, auxquels s’ajoutent les gazoducs et oléoducs ainsi que le développement du réseau électrique. Au total, 8 000 milliards de dollars devraient être alloués à des projets d’infrastructures sur le continent asiatique entre 2012 et 2020. Si ces projets sont réalisés, ils traverseront des habitats précieux pour le tigre, ravivant le braconnage et les conflits avec la population.

 

Développement et conservation pourraient aller de pair en Asie

« Les efforts mondiaux pour atteindre l’objectif d’un doublement des populations de tigres sauvages ont positivement bouleversé leur protection et ont donné à l’espèce une vraie chance de survie. Mais l’ampleur des plans d’infrastructures actuels dans la région pourrait anéantir toutes les avancées récentes ainsi que tout espoir d’avenir pour les tigres sauvages », explique Mike Baltzer, à la tête de l’initiative Tigers Alive du WWF. « Ces infrastructures sont essentielles au développement de l’Asie mais nous devons veiller à ce qu’elles soient construites de façon durable et qu’elles ne soient pas déployées aux dépens des écosystèmes et des espèces sauvages ». 

Ce nouveau rapport paraît à l’occasion de l’anniversaire du Sommet du Tigre, organisé à St Pétersbourg en 2010, au cours duquel les dirigeants du monde entier et les représentants des 13 « pays du tigre » se sont engagés à travers l’objectif Tx2 à doubler les populations de tigres sauvages d’ici 2022. Nous sommes aujourd’hui à mi-parcours de cet ambitieux plan international. Lors du Sommet, seuls 3 200 tigres subsistaient à l’état sauvage alors qu’ils étaient environ 100 000 un siècle plus tôt. Au cours des six dernières années, la population de tigres a montré des signes de reprise dans plusieurs pays clés et ce, grâce à une meilleure gestion des aires protégées, une approche régionale « zéro braconnage », de meilleures capacités de surveillance et des efforts renforcés en matière de lutte contre le trafic de tigres.

Aussi le WWF appelle-t-il maintenant les gouvernements des « pays du tigre » à prendre en compte la protection des tigres et celle de leurs habitats dès la phase d’élaboration de plans d’infrastructures. Les États doivent identifier ces habitats essentiels et les placer hors d’atteinte de ces futures constructions tout en préservant des corridors indispensables aux déplacements de l’espèce. Les gouvernements doivent par ailleurs renforcer et appliquer les mesures de protection de l’environnement mais aussi intégrer la restauration des habitats naturels, les lignes directrices « zéro braconnage » et la surveillance des espèces sauvages à leurs plans d’infrastructures et de construction.

« Les tigres font non seulement partie du patrimoine culturel asiatique mais sont aussi un véritable symbole pour le monde entier. Leur aire de répartition couvre en outre des zones naturelles essentielles à la vie et au bien-être de millions de personnes en Asie », souligne Gwendoline Viatour, porte-parole du WWF. « La santé des tigres sauvages et de leur habitat devrait servir aux gouvernements d’indicateur de la qualité de leurs plans économiques et de développement, ou l’ensemble des efforts de conservation déployés ces dernières années auront été vains. Mais s’ils suivent ces recommandations, tant les tigres sauvages que les communautés locales pourront en tirer les bienfaits. »

Le WWF-Belgique participe activement à l’objectif mondial Tx2, destiné à doubler le nombre de tigres sauvages d’ici 2022. Outre le succès en 2015 de la campagne nationale ‘Des familles en voie d’extinction sauvent une famille en voie d’extinction’ destinée à sensibiliser les Belges au destin du tigre, le WWF-Belgique soutient financièrement deux vastes projets de terrain en Asie. Le premier, mené en Thaïlande et au Myanmar, consiste à protéger la nature sauvage des massifs Dawna et Tenasserim, qui abritent 90 % de l’ensemble des tigres du Grand Mékong. Le second est un projet de réintroduction du tigre au sein des plaines orientales du Cambodge, d’où les tigres avaient disparu depuis 2007.

 

Informations et chiffres supplémentaires :

Il ne subsiste aujourd’hui que 3 890 tigres à l’état sauvage. Bien que leur nombre augmente notamment en Inde, en Russie, au Népal et au Bhoutan, leur situation reste fragile. Cette année, pas moins de 76 tigres ont été victimes du braconnage en Inde. La Chine, le Myanmar, la Thaïlande et la Malaisie regroupent ensemble moins de 500 tigres et pourraient les perdre à jamais au cours de la prochaine décennie, notamment si le feu vert est donné à des projets de construction mal conçus.

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