Le jour du dépassement tombe de plus en plus tôt malgré la transition en cours

Le jour du dépassement tombe de plus en plus tôt malgré la transition en cours

Mardi 25 juillet 2017 — Le 2 août, nous dépassons les capacités annuelles de la Terre. Cela signifie qu’en à peine plus de 7 mois, nous avons consommé ce que la Terre peut produire en une année entière et que lors des prochains mois, nous devrons entamer le capital de notre planète. Le jour du dépassement tombe 6 jours plus tôt que l’année dernière (le 8 août 2016).

Bruxelles – Aujourd’hui 2 août, nous dépassons les capacités annuelles de la Terre. Cela signifie qu’en à peine plus de 7 mois, nous avons consommé ce que la Terre peut produire en une année entière et que lors des prochains mois, nous devrons entamer le capital de notre planète. Le jour du dépassement tombe 6 jours plus tôt que l’année dernière (le 8 août 2016), 11 jours plus tôt qu’en 2015 (13 août), et il n’a pas moins de 17 jours d’avance par rapport à 2014 (19 août). En 1997, la date fatidique tombait encore fin septembre. Bien que la transition vers un monde sans énergie fossile ait indubitablement été amorcée, la consommation des êtres humains continue d’augmenter. De plus, 60% de la pression humaine sur la planète provient des émissions de CO₂.

Chaque année, le Global Footprint Network calcule le jour du dépassement (« Earth Overshoot Day ») : la date à laquelle la consommation des ressources naturelles par les êtres humains dépasse ce que la Terre peut produire en une année. Cette date symbolise l’épuisement du « budget naturel » dont nous disposons chaque année. Nous avons émis plus de dioxyde de carbone que ce que nos forêts et nos océans peuvent en absorber, nous avons pêché plus de poissons et coupé plus d’arbres qu’il en peut naître et grandir en une année, nous avons aussi remplacé plus d’habitats naturels par des terres agricoles et du béton.

Jadis, la nature était toujours en mesure de se restaurer et de compenser la consommation humaine. C’est à la fin des années 1970 qu’un seuil critique a été franchi. Depuis lors, notre consommation outrepasse chaque année la capacité de production de la Terre et nous émettons plus de CO₂ que ce que la planète peut en absorber. En d’autres termes, l’humanité vit au-dessus de ses moyens et le changement climatique en est l’exemple le plus frappant. Les émissions de gaz à effet de serre constituent la plus grande part – 60 % actuellement - de notre empreinte écologique.

Selon Koen Stuyck, du WWF-Belgique, « si nous prenons au sérieux les conclusions historiques du sommet de Paris pour le climat, nous devons supprimer totalement nos émissions de CO₂ d’ici 2050. Cela implique d’adopter une nouvelle manière de vivre sur notre planète. La bonne nouvelle, c’est que cela est possible avec les technologies dont nous disposons aujourd’hui. De nouveaux secteurs tels que celui des énergies renouvelables reçoivent un coup d’accélérateur alors que les risques et les coûts qui accompagnent le changement climatique restent encore limités. Le choix qui se présente à nous est celui du chaos ou de la stabilité ».

 

Les Belges consomment l’équivalent de 6,3 fois la biocapacité de la Belgique

À l’échelle globale, nous avons besoin de l’équivalent de 1,7 fois la Terre pour répondre à la consommation actuelle de la population mondiale qui est en croissance. Et si nous continuons de la sorte, ce seront deux planètes qui seront nécessaires à la moitié de ce siècle. Les conséquences de cette surconsommation et de cette pression écologique sont criantes partout dans le monde : déforestation, sécheresses, désertification, érosion, manque d’eau douce, perte de diversité et accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et les océans.

Aujourd’hui, 80% de la population mondiale vit dans des pays qui consomment plus que ce qu’ils peuvent produire. Nous qualifions ces pays de « débiteurs écologiques ». En plus de leurs propres ressources naturelles, ils épuisent celles des autres pays. Pour satisfaire les besoins des Japonais, une surface égale à 7 fois celle du Japon est nécessaire. Les Italiens consomment 4,3 fois les ressources de l’Italie et les Égyptiens 3,9 fois celles de l’Egypte. Nous, les Belges, avons besoin de pas moins de 6,3 fois la surface de notre pays.

Ce chiffre élevé est une conséquence de nos importantes émissions de CO₂, d’un réseau routier et d’un bâti excessivement denses et de l’empreinte écologique de notre agriculture (tant pour l’alimentation humaine que pour le fourrage du bétail ou le textile). Or, la Belgique ne dispose que d’une faible biocapacité pour assurer elle-même la production de toutes ces matières premières et assimiler le CO₂ émis. Les graphiques ci-dessous indiquent clairement ce déficit.

 

Il est encore possible de changer de cap

Nous ne pouvons pas continuer à creuser notre dette écologique de cette manière. Aujourd’hui, 60 % de l’empreinte écologique humaine est imputable aux émissions de gaz à effet de serre, produites par les activités humaines. Sur les graphiques ci-dessous, issus du dernier Rapport Planète Vivante du WWF, publié en 2016, il apparaît clairement que le dioxyde de carbone constitue la majeure partie de notre empreinte écologique (la zone violette sur le graphique). On voit aussi qu’elle croît fortement en comparaison des autres composantes.

De nombreuses solutions existent pour s’attaquer à ce problème : transition massive vers les énergies renouvelables, réduction de la consommation, régime pauvre en viande, passage à une économie circulaire basée sur le recyclage et la réutilisation, réinvention des modes de vie urbains, stimulation de la mobilité verte et récompenses fiscales des habitudes vertes.

En réduisant de 50 % le gaspillage alimentaire, la date du dépassement peut être repoussée de 11 jours. L’arrêt de la déforestation pour la conversion en terres agricoles présente un potentiel important avec 17,2 jours. La division par deux des émissions de CO2 reculerait la date fatidique de pas moins de 89 jours. Pour la première fois, le Global Footprint Network (GFN) a aussi pris en compte les effets positifs de la planification familiale et d’une meilleure éducation des filles : à l’horizon 2050, ces facteurs pourraient faire reculer la date du dépassement de 12,6 jours et générer une économie de 120 tonnes de CO₂.

Dans notre pays aussi, nous avons encore beaucoup à faire en vue de réduire nos émissions. La politique de lutte contre la déforestation doit ainsi être renforcée, tant sur notre territoire que par le biais de notre consommation de bois en provenance de l’étranger. Nous devons également mettre en place une stratégie de promotion de l’alimentation végétale. Nous avons besoin d’un plan climat à l’horizon 2050. Et à court terme, l’Europe attend d’urgence un plan climat et énergie pour 2030.

 

Plus d’informations

- Site du Global Footprint Network concernant le « Earth Overshoot Day » : http://www.overshootday.org/

 

Interviews :

Koen Stuyck | Coordinateur presse & porte-parole | WWF Belgium | koen.stuyck@wwf.be | 0499 70 86 41

 

Note aux rédactions :

  • Vous retrouverez nos communiqués de presse et nos rapports sur http://www.wwf.be/presse
  • Global Footprint Network (www.footprintnetwork.org) est une organisation qui fait de la recherche scientifique sur l’état de l’environnement. GFN favorise le développement durable au travers du concept d’empreinte écologique.
  • Le WWF est une des organisations de conservation de la nature indépendantes les plus importantes et les plus expérimentées au monde, active dans plus de 100 pays, et compte plus de 5 millions de sympathisants dans le monde. Le but du WWF est de laisser une planète vivante aux générations qui nous suivront. Le WWF s’investit pour la conservation des espèces et de leur habitat : forêts, zones humides et océans. Le WWF contribue aussi à la recherche de solutions contre la pollution et l’épuisement des ressources naturelles et le changement climatique.
  • Soutenez l’action du WWF et surfez sur www.wwf.be.

 

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