Le secrétaire d'État Philippe De Backer présente sa vision de la Mer du Nord jusqu'en 2050 : un premier pas encourageant selon le WWF et Natuurpunt

Le secrétaire d'État Philippe De Backer présente sa vision de la Mer du Nord jusqu'en 2050 : un premier pas encourageant selon le WWF et Natuurpunt

Mercredi 20 décembre 2017 — Le secrétaire d’État à la Mer du Nord, Phillipe de Backer, présente aujourd’hui un projet de texte sur la vision à long terme de la Mer du Nord, un an après avoir initié des consultations à ce sujet. L’évènement aura lieu à la base navale de Zeebruges.   

20 décembre 2017 - Le secrétaire d’état à la Mer du Nord, Phillipe De Backer, présente aujourd’hui un projet de texte sur la vision à long terme de la Mer du Nord, un an après avoir initié des consultations à ce sujet. L’évènement aura lieu à la base navale de Zeebruges.  

 

Le WWF Belgique et Natuurpunt, qui ont participé à l’élaboration de ce texte, sont satisfaits du résultat et saluent toutes les synergies qui ont rendu possible sa réalisation. La vision ainsi élaborée doit maintenant être peaufinée et formalisée dans le Plan d'aménagement des espaces marins (PAEM). Car la volonté d’avoir un écosystème marin propre, sain, sûr, productif et multifonctionnel doit être l'objectif ultime de la planification spatiale marine et de la gestion de la Mer.

Plus de 100 parties prenantes ont travaillé en étroite collaboration pendant six mois pour achever la rédaction des trois rapports finaux : « Caractère naturel », « Économie bleue et Innovation », et « Utilisation multiple de l'espace ».  Les contributions issues de ces rapports ont été synthétisées en un document qui a mené au développement de la vision de la Mer du Nord.

Cette vision ambitionne d’équilibrer les différents intérêts sectoriels et d’inscrire ceux-ci dans les limites posées par l’écosystème marin. Les règles d’application strictes pour avoir un statut écologique convoité doivent maintenant être déterminées sur base de données scientifiques avérées. Toutefois, il convient d’user du principe de précaution de manière cohérente, en attendant la réalisation de nouvelles recherches scientifiques qui renforceraient notre compréhension de l'environnement marin. Les universités, les instituts de recherche, les niveaux politiques, les organisations non-gouvernementales et les partenaires privés doivent être impliqués.

 

Activités en Mer : Oui ! Mais soumises à des conditions

Ainsi que l’affirme Krien Hansen de Natuurpunt : « La Mer du Nord est la plus grande réserve naturelle belge. Si nous pouvons renforcer la nature dans la Mer du Nord, nous en tirerons profit également. Par exemple, en rétablissant les lits de gravier, on crée plus de zones de frai pour les poissons comme le hareng, on pourra ainsi pêcher davantage de harengs à l'avenir. Mais nous ne pouvons y parvenir que si une belle harmonie existe entre tous les utilisateurs de la mer du Nord. Il est aussi important de donner un certain repos à certaines zones pour une meilleure conservation de la nature. »

Une planification efficace de l'espace marin, axée sur l'écosystème, devrait détourner les activités des zones qui protègent les habitats, les espèces et les processus écologiques sensibles, dans toutes les phases du projet. En particulier dans les zones riches en biodiversité telles que les bancs de gravier dans les bancs flamands. Cet écosystème, si précieux, doit être traité soigneusement, tout comme la plaine de Raan, une zone protégée dans le cadre des règles européennes Natura 2000.

Pour le WWF Belgique et Natuurpunt, les activités dans les zones marines protégées de la partie belge de la Mer du Nord ne sont possibles que si pour chaque activité :

1) Une Étude d'Impact sur l'Environnement (EIE) est réalisée au niveau du PAEM et ses conclusions ne font état d’aucun emplacement alternatif approprié pour réaliser l’activité.

2) Une EIE démontre que la préservation de la nature n'est pas menacée aujourd'hui et anticipe qu’elle ne le sera pas dans le futur.

3) Une évaluation appropriée a été effectuée en amont, conformément aux dispositions de la directive « Habitats ».

Le suivi structurel doit toujours être intégré et les résultats de la recherche doivent être vulgarisés afin de pouvoir profiter de nouvelles recommandations indiquées. S'il apparaît que le projet a des effets négatifs sur la réalisation des objectifs de conservation, mais revêt une grande importance sociale, alors les mesures compensatoires nécessaires doivent être prises.

 

Plus de recherche et de collaboration requises

Sarah Vanden Eede, Experte Océans et Pêche du WWF-Belgique est formelle : « Les négociations ne seront pas concluantes tant qu'il n'y aura pas d’évaluation appropriée et un projet d'EIE scientifique sur les incidences des activités en mer et dans la zone côtière sur la nature. Nous voulons un écosystème marin propre, sain, sûr et multifonctionnel en harmonie avec la nature. »

L'avenir de la Mer réside dans la coordination entre les frontières écologiques et nationales. Les autorités flamandes et belges doivent mieux coopérer pour s’accorder sur une politique de gestion cohérente de tout l’environnement marin. Tous les pays qui partagent une zone maritime doivent également être en mesure d'offrir une vision spatiale partagée, où la nature et les activités sont possibles, conformément aux Objectifs de développement durable (ODD) 2030 des Nations Unies et aux principes du développement durable et de l’Économie bleue. Un réseau maritime bien géré, avec des aires marines protégées est un élément essentiel qui constitue l'épine dorsale des écosystèmes marin et côtier sûrs, sains et multifonctionnels.