Le tigre bientôt de retour au Kazakhstan après de longues années d’absence

Le tigre bientôt de retour au Kazakhstan après de longues années d’absence

Vendredi 8 septembre 2017 — La république du Kazakhstan a annoncé aujourd’hui un projet de réintroduction du tigre dans son habitat historique d’Illi-Balkhash et a signé avec le WWF un accord pour mettre en œuvre un programme conjoint de réintroduction du tigre. Le Kazakhstan sera le premier pays au monde à réintroduire le tigre dans une région entière d’où il a disparu depuis environ un demi-siècle.

Astana, le 8 septembre 2017 – La république du Kazakhstan a annoncé aujourd’hui un projet de réintroduction du tigre dans son habitat historique d’Illi-Balkhash et a signé avec le WWF un accord pour mettre en œuvre un programme conjoint de réintroduction du tigre. Le Kazakhstan sera le premier pays au monde à réintroduire le tigre dans une région entière d’où il a disparu depuis environ un demi-siècle. Le programme contribuera au Tx2, l’objectif mondial visant à doubler le nombre de tigres d’ici à 2022, un engagement pris par les gouvernements des « pays du tigre » lors du Sommet du tigre de Saint-Pétersbourg en 2010.

« Le Kazakhstan progresse sur la voie du développement vert. Nous sommes honorés d’être le premier pays d’Asie centrale à mettre en œuvre un projet d’aussi grande envergure, qui ne se contentera pas de réintroduire le tigre dans son habitat historique, mais protégera également l’écosystème unique de la région d’Illi-Balkhash », a relevé Askar Myrzakhmetov, ministre de l’agriculture de la République du Kazakhstan.

La cérémonie de signature a eu lieu dans le pavillon de l’ambassade néerlandaise du Kazakhstan, dans le cadre de l’EXPO 2017, avec la participation du ministre de l’agriculture de la République du Kazakhstan Askar Myrzakhmetov, le directeur général du WWF-International Marco Lambertini et le directeur du WWF-Russie Igor Chestin.

« Je suis fier d’être le témoin de la signature de cet accord entre le ministère de l’agriculture de la République du Kazakhstan et le WWF, ici, dans le pavillon néerlandais de l’EXPO 2017. Les Pays-Bas ont été parmi les premiers soutiens et sponsors de ce projet novateur et de grande envergure, et nous sommes extrêmement heureux de participer à cette étape historique », a souligné Dirk Jan Kop, ambassadeur du Royaume des Pays-Bas en République du Kazakhstan, lors de l’ouverture de la cérémonie de signature.

En cas de succès, le Kazakhstan sera le premier pays au monde à réintroduire le tigre dans une région entière d’où il a disparu pendant environ un demi-siècle. Jusqu’ici, des projets de réintroduction du tigre ont uniquement été réalisés à l’intérieur de frontières nationales et dans des régions considérées comme des habitats naturels du tigre. Le programme de réintroduction du tigre au Kazakhstan est unique et sans précédent, et exige la restauration d’une vaste forêt ripicole faisant partie de l’habitat historique du tigre.

« Nous félicitons la République du Kazakhstan pour sa vision et le leadership dont elle fait preuve en s’impliquant dans un projet de préservation ambitieux et passionnant, destiné à réintroduire ce majestueux prédateur dans le pays. C’est là une contribution majeure pour l’avenir du tigre dans son milieu naturel et un pas décisif pour la protection de la région d’Illi-Balkhash pour sa biodiversité unique et les systèmes naturels qui assurent la subsistance des populations locales », a ajouté Marco Lambertini, directeur général du WWF-International.

Afin de préparer le retour du tigre, le gouvernement du Kazakhstan délimitera une nouvelle réserve naturelle dans le sud-ouest d’Illi-Balkhash, de manière à restaurer l’habitat unique constitué par la forêt ripicole du lac Balkhash. Cela comprendra la protection de la faune existante et la réintroduction d’importantes espèces servant de proies au tigre comme le kulan (âne sauvage) et le cerf de Bactriane, deux espèces originaires d’Asie centrale, mais actuellement disparues du Kazakhstan en raison du braconnage et de la perte d’habitat.

La réintroduction du tigre contribuera également à protéger le lac Balkhash – l’un des plus grands lacs d’Asie et une importante réserve d’eau du bassin de la rivière Illi – et à lui éviter le destin de la mer d’Aral, autrefois le quatrième plus grand lac du monde et aujourd’hui réduit à 10 % de sa superficie initiale.

« Grâce aux années d’étroite collaboration entre les spécialistes en conservation de la nature du Kazakhstan et de la Russie, nous avons identifié le meilleur territoire possible dans la région d’Illi-Balkhash pour la réintroduction d’une population vivace de tigres. La poursuite de notre coopération sera la clé du succès pour la création de cette nouvelle réserve naturelle, la réintroduction d’espèces indigènes rares et, dans quelques années, la réintroduction transnationale du tigre en Asie centrale », a estimé Igor Chestin, directeur du WWF-Russie.

Depuis le début du XXe siècle, les tigres ont perdu plus de 90 % de leur habitat ancestral, qui comprend l’Asie centrale (de la Turquie moderne et l’Iran au nord-ouest de la Chine). Le tigre a complètement disparu de la région en raison du braconnage et de la perte des plaines d’inondation et des habitats côtiers.

« Le plus gros travail reste à faire. Nous devons accroître nos efforts pour préparer cette région à la réintroduction du tigre et, pour cela, intégrer toutes les parties prenantes. Dans ce but, nous devons lutter contre le braconnage et les activités illégales, disposer de gardes formés et bien équipés, maintenir une population de proies dynamique et faire participer les communautés locales », a encore précisé Ekaterina Vorobyeva, directrice du programme du WWF-Russie en Asie centrale.

Le WWF-Belgique œuvre à une réintroduction similaire du tigre au Cambodge

Au Cambodge également, le tigre pourrait bientôt faire sa réapparition. Le WWF-Belgique mène en effet un vaste programme de réintroduction dans les terres cambodgiennes. En favorisant la reconnexion de la réserve naturelle de Phnom-Prich et des forêts du Mondulkiri et en prenant des mesures efficaces de protection de la biodiversité, le WWF prépare le terrain pour le retour du prédateur, prévu pour 2022 au plus tôt. La région abrite également d’autres espèces menacées telles que l’éléphant d’Asie, l’ours Malay, le léopard, le banteng et l’ibis géant. Récemment, le premier ministre cambodgien a réaffirmé son soutien et celui du gouvernement au programme, qui constitue par ailleurs une extraordinaire opportunité pour le développement de l’écotourisme dans le pays.

 

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Pour plus d’informations

Koen Stuyck | Porte-Parole | WWF-Belgium | koen.stuyck@wwf.be | 0499 70 86 41

 

Notes à la rédaction :

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  • Le WWF est une des plus grandes organisations internationales pour la conservation de la nature et une des plus expérimentées. Il est actif dans plus de 100 pays et compte plus de 5 millions de sympathisants dans le monde. Le but du WWF est de léguer aux générations futures une planète vivante. Le WWF œuvre pour la conservation des espèces sauvages et de leurs habitats naturels : forêts, zones humides et océans. Le WWF contribue également à trouver des solutions aux pollutions, aux gaspillages des ressources naturelles et au réchauffement climatique.
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(c) David Lawson / WWF-UK
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