Les négociateurs pour la formation des gouvernements fédéral et flamand doivent mettre leurs différences de côté et faire du climat leur priorité

Les négociateurs pour la formation des gouvernements fédéral et flamand doivent mettre leurs différences de côté et faire du climat leur priorité

Des milliers de personnes descendent à nouveau dans les rues de Bruxelles cette après-midi pour faire part de leur inquiétude face au dérèglement climatique. Les manifestants, toutes générations confondues, demandent aux gouvernements de prendre des mesures plus fortes. Le climat concerne tout le monde, quelle que soit la couleur politique. Le WWF appelle les négociateurs pour la formation des gouvernements fédéral et flamand à mettre de côté leurs différences et à faire du climat leur priorité commune.

La Belgique se trouve en queue du peloton européen en matière de politique climatique. Fin décembre, dans 100 jours, notre pays remettra la version finale du Plan national Energie-Climat à la Commission Européenne. Dans ce document, la Belgique doit énumérer ses objectifs et les mesures concrètes pour réduire ses émissions de C02 d’au moins 35% d’ici 2030.

68% des citoyens souhaitent être plus impliqués dans la lutte contre le réchauffement climatique. 59% des Belges veulent une politique climatique plus forte. Pourtant (et malgré l’obligation européenne), la consultation publique sur le Plan national Energie-Climat a été baclée et organisée tardivement. La Belgique doit intégrer les recommandations de la Commission européenne et remédier aux lacunes du Plan actuel. Notre pays doit aussi remettre à l’Europe sa stratégie à long terme (d’ici 2050). Or, pour respecter l'Accord de Paris, il n’y a pas encore de position claire sur le moment où la Belgique atteindra la neutralité carbone.

Julie Vandenberghe, responsable de la politique climatique au WWF Belgique : “Le PNEC couvre la politique climatique jusqu’en 2030. Cependant, notre pays a besoin d’une vision à plus long terme pour préparer l’économie et la société aux conséquences du changement climatique. Actuellement, il n’y a aucune vision, stratégie ou planification. La première version d’une stratégie à long terme doit être soumise à l’Union Européenne d’ici la fin de l’année. On ne sait pas si la Belgique y travaille et on ignore encore comment les régions et le gouvernement fédéral vont intégrer les recommandations de la Commission Européenne et des citoyens dans une version améliorée du Plan national Energie-Climat. C’est la raison pour laquelle il serait important que les partis politiques mettent de côté leur différences et indiquent clairement que le climat est un priorité”.

Pourquoi augmenter les ambitions climatiques de la Belgique ?

Selon le WWF qui suit le consensus scientifique international, nous devons atteindre la neutralité carbone en Europe bien avant 2050. Dans ce cas, nous respecterons l’Accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique à maximum 2° Celsius. Si nous ne le faisons pas, le coût pour la société risque d’être énorme avec des effets très déstabilisateurs sur les économies du monde. L’Europe et la Belgique ne seront pas épargnés.

Le WWF demande aussi que la politique climatique soit liée aux mesures de conservation et de restauration de la nature. Restaurer la nature à grande échelle nous offrirait de nombreuses opportunités pour résoudre des problèmes tels que les sécheresses, les inondations et la montée du niveau de la mer.

Les plans climatiques actuels mènent à un scénario catastrophe

Si les plans climatiques actuels de tous les pays sont mis en place, nous nous dirigeons vers un réchauffement de la planète de plus de 3° Celsius. Cela aura des conséquences catastrophiques pour toute la vie sur Terre. Et nous ne tenons pas compte du fait que le réchauffement climatique est maintenant beaucoup plus rapide que ce que l’on craignait il y a quelques années. Dans les régions arctiques, qui servaient jusqu’à présent de stockage de gaz à effet de serre, la neige, la glace et les sols gelés fondent en masse et menacent de libérer de grandes quantités de méthane, un gaz à effet de serre beaucoup plus puissant que le C02. De plus, lorsque de grandes surfaces de glace disparaissent, c’est la climatisation naturelle de la planète qui est menacée. L’élévation du niveau de la mer qui en résultera aura également un impact important sur la côte belge.

 

 

 

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