Les nouveaux plans climatiques devraient également aborder le déclin de la biodiversité

Les nouveaux plans climatiques devraient également aborder le déclin de la biodiversité

Le WWF recommande d’inclure les objectifs d'AICHI sur la biodiversité dans les plans climatiques nationaux

Jeudi 16 novembre 2017 — Les pays devront combiner leurs actions pour le climat avec des actions destinées à protéger la biodiversité sur leur territoire si le monde veut limiter la hausse des températures à 1,5 °C. C’est ce que déclare le WWF dans un nouveau rapport publié, non par hasard, pendant le sommet sur le climat à Bonn

Bonn, le 15 novembre - Les pays devront combiner leurs actions pour le climat avec des actions destinées à protéger la biodiversité sur leur territoire si le monde veut limiter la hausse des températures à 1,5 °C. C’est ce que déclare le WWF dans un nouveau rapport publié, non par hasard, pendant le sommet sur le climat à Bonn. D’une part, cela implique une action coordonnée contre la déforestation et l'acidification des océans, une meilleure utilisation des terres, et des pratiques agricoles plus durables. D'autre part, les objectifs d'AICHI sur la biodiversité (objectifs internationaux, définis par la Convention sur la diversité biologique) doivent également être inclus dans leur Plan climatique national (NDC ou “Nationally Determined Contribution”), pour endiguer la 6e extinction massive de l'histoire de la planète.

Le nouveau rapport publié par le WWF durant la COP23 vise à lancer un débat mondial sur la relation sous-estimée entre climat et biodiversité. Maintenant que le problème climatique a atteint le sommet de l'agenda international, le WWF met le doigt sur l'angle mort des décideurs politiques : le déclin dramatique de la biodiversité. Des études telles que le Rapport Planète Vivante 2016 du WWF montrent que nous nous dirigeons vers une 6e extinction de masse qui fera disparaître deux tiers de toute la faune sauvage d’ici 2020 si nous ne faisons rien.

Il existe une relation de réciprocité entre le changement climatique et la détérioration de la biodiversité. En effet, le changement climatique exerce une pression supplémentaire sur les écosystèmes et leur biodiversité tandis que la détérioration de la biodiversité exacerbe quant à elle le changement climatique. Par exemple, lorsque les espèces qui contribuent naturellement à la propagation des graines disparaissent des forêts qui les abritent, ces forêts se réchauffent et deviennent plus sensibles aux maladies et autres menaces. La biodiversité rend les écosystèmes plus résilients face à des circonstances changeantes.

Le rapport offre une appréciation générale des plans climatiques soumis par les pays. Il en ressort que les pays industrialisés n’apportent que peu d’attention au déclin de la biodiversité dans leurs plans climatiques et d'adaptation. La protection et le développement de la nature sont marginalisés au sein des politiques économiques et d'aménagement du territoire. Conséquence : ces pays, y compris la Belgique, risquent de ne pas être suffisamment préparés au changement climatique qui les affectera aussi, notamment en raison de tempêtes plus lourdes et d’inondations plus fréquentes.

D'autres pays, comme le Bhoutan, ont développé une véritable stratégie d’adaptation. Le rapport présente l'exemple du projet « Bhoutan for life », qui vise à préserver la biodiversité du pays tout en la considérant comme un moyen efficace d'atteindre trois objectifs : devenir neutre sur le plan climatique, se préparer au mieux au changement climatique, et protéger les espèces et leur habitat.

 

Recommandations du WWF :

  • La Belgique peut déja établir un plan d'action intégral dans lequel les mesures et synergies entre les actions d'atténuation et d'adaptation, le développement durable et la protection de la biodiversité sont abordés, pour que le rôle de la nature dans la lutte contre le changement climatique soit reconnu et mis en valeur. Pour cela, elle doit désigner un organisme approprié de haut niveau à cet effet, par exemple la Conférence interministérielle de l’environnement. Les groupes intersectoriels composés de scientifiques, d'experts d'ONG et de fonctionnaires doivent contribuer au processus et la population doit également avoir la possibilité de réagir aux plans lors de consultations publiques.
  • De nouveaux indicateurs communs doivent être élaborés pour simplifier les rapports sur les conventions (climat, biodiversité et objectifs de développement durable). La 14e réunion du Comité exécutif de la Convention de Rio du 24 août 2016 avait déjà identifié l'exploitation des terres comme un indicateur possible.
  • La restauration des écosystèmes riches en espèces indigènes doit être promue par le biais d’incitations politiques et économiques, car elle contribuera aux objectifs climatiques et aux objectifs de biodiversité.
  • L’adoption de stratégies intégrées pour la biodiversité, le climat et le développement peuvent rendre les ressources limitées plus efficaces.

 

 

Pièce jointe : document du WWF "NDCs - a force for Nature?"

  • Ce document a été présenté lors d'une conférence au Pavillon du WWF au sommet climatique (COP23) à Bonn les mercredi 15 jeudi 16 novembre.