L’initiative Earth Hour a dix ans : l’Europe et la Belgique seront-elles à nouveau des leaders climatiques ?

L’initiative Earth Hour a dix ans : l’Europe et la Belgique seront-elles à nouveau des leaders climatiques ?

Vendredi 24 mars 2017 — Bruxelles – Le samedi 25 mars, entre 20h30 et 21h30, s'est déroulée la dixième édition d'Earth Hour, l’action planétaire orchestrée chaque année par le WWF afin de mobiliser le plus largement possible pour le climat. Tandis qu’à l’occasion du 60ème anniversaire du traité de Rome, les chefs des gouvernements européens s’interrogent sur l’avenir de l’UE, le WWF les appelle à faire preuve à nouveau de leadership et d’ambition. « En dix ans, l’Europe a perdu son statut historique de pionnier dans le domaine de la lutte contre le changement climatique. Charles Michel et ses collègues européens doivent d’urgence se ressaisir », assène Julie Vandenberghe, experte climat au WWF-Belgique. 

Le samedi 25 mars, entre 20h30 et 21h30, s'est déroulée la dixième édition d’Earth Hour, l’action planétaire orchestrée chaque année par le WWF afin de mobiliser le plus largement possible pour le climat. Tandis qu’à l’occasion du 60e anniversaire du traité de Rome, les chefs des gouvernements européens s’interrogent sur l’avenir de l’UE, le WWF les appelle à faire preuve à nouveau de leadership et d’ambition. « En dix ans, l’Europe a perdu son statut historique de pionnier dans le domaine de la lutte contre le changement climatique. Charles Michel et ses collègues européens doivent d’urgence se ressaisir », assène Julie Vandenberghe, experte climat au WWF-Belgique.

Pourquoi ne sommes-nous plus des leaders pour le climat ?

L’Europe et la Belgique ont joué un rôle important dans les négociations de l’accord historique sur le climat conclu à Paris en 2015. Pourtant, leurs objectifs « climat et énergie » à l’horizon 2030, objectifs établis en 2014, n’ont pas été mis au diapason de l’accord de Paris. Les propositions qui sont actuellement sur la table sont largement insuffisantes pour répondre aux exigences de l’accord contraignant qui est entré en vigueur en novembre 2016, et qui vise à contenir le réchauffement climatique entre 1,5°C et 2°C.

Concrètement, les pays membres, dont la Belgique, restent dans la trajectoire d’une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, avec une part de 27 % pour les énergies renouvelables dans le mix énergétique total et 30 % d’efficacité énergétique . « Nos leaders politiques doivent revoir ces objectifs désormais dépassés pour viser 55 % de réduction des gaz à effet de serre, 45 % d’énergie renouvelable et 40% d’efficacité énergétique, afin de satisfaire aux exigences de l’accord climat. Ces objectifs chiffrés sont de surcroît parfaitement atteignables » selon Olivier Beys, expert énergie au WWF-Belgique.

Depuis 2008, début du protocole de Kyoto, nous avons fait baisser nos émissions de 2 % chaque année. Pourtant, le cap des gouvernements européens s’est fixé sur un rythme de réduction de seulement 1 % par an. « En résumé : nous pouvons y arriver, mais nous ne voulons pas. Et cela est incompréhensible, au moment où tous les signaux du changement climatique sont au rouge », ajoute Julie Vandenberghe. « Pourtant, des opportunités économiques, sociales et écologiques sont à portée de main. »

Une fausse note belge dans le concert européen ?

Le WWF attend des différents gouvernements de ce pays qu’ils plaident pour plus d’ambition politique en Europe et qu’ils signent un pacte pour l’énergie qui mette les ambitions de notre pays à la hauteur de l’accord climat de Paris, en proposant des étapes concrètes pour avancer. Les ambitions du pacte contribueront ensuite au plan national « climat et énergie » que la Belgique devra remettre à l’Europe début 2018.

« Ce plan est crucial pour mettre en œuvre des politiques énergiques dans le domaine du climat et de l’énergie durable à l’horizon 2030. Et nous avons du pain sur la planche : notre pays est en effet un mauvais élève de la classe européenne. La Belgique s’apprête à passer à côté de ses objectifs climatiques pour 2020. Par conséquent, nous craignons de rater aussi le train en 2030 », conclut Olivier Beys.

10e Earth Hour

Chacun a son rôle à jouer dans la lutte contre le changement climatique. Pour la 10e fois, le WWF nous appelait tous à couper la lumière afin de montrer symboliquement notre préoccupation pour le changement climatique et d’inciter nos décideurs à faire preuve de plus d’ambition pour le climat en Belgique et en Europe. Le WWF appelait aussi chacun à mobiliser son réseau sur les médias sociaux, afin que cette action soit diffusée aussi par ce canal. Cela pouvait se faire notamment en modifiant sa photo de profil sur Facebook. Gwendoline Viatour, porte-parole du WWF, ajoute : « En Belgique, nous avons développé un kit festif pour une fête à faible impact environnemental. Il contient entre autres des astuces pour consommer moins d’énergie, un jeu de société et des recettes de cuisine durable. Les participants ont pu obtenir leur kit gratuitement en envoyant leur adresse à earthhour@wwf.be. »

Earth Hour : la plus grande mobilisation au monde pour la planète et le climat

Depuis son lancement en 2007 dans la ville de Sidney en Australie, l’action a pris une ampleur planétaire : plus de 170 pays et 7 000 villes y participent et plus de 10 400 bâtiments et monuments célèbres (dont l’Atomium en Belgique) éteignent leurs éclairages à l'occasion d'Earth Hour. La raison de ce succès, c’est la préoccupation croissante des citoyens du monde entier face au changement climatique, et la nécessité urgente de travailler à des solutions.

Cette action symbolique est devenue une plateforme où des milliers d’autres actions trouvent un terreau favorable, depuis des pétitions jusqu’à des campagnes de plantation d’arbres, en passant par la création de nouvelles zones protégées, l’organisation de conférences, etc. Le WWF souhaite que l’inspiration née de cette heure symbolique débouche sur une mobilisation générale pour éviter le plus grave danger qui pèse sur l’humanité.

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